La vape au CBD a connu un vrai tournant réglementaire en France ces dix-huit derniers mois. Entre l’interdiction des dispositifs jetables, la fiscalité revue en loi de finances 2026 et les nouvelles restrictions sur le CBD alimentaire, il est facile de s’y perdre. Un point s’impose pour savoir où en est vraiment la situation.
Ce qu’est une puff CBD et pourquoi le format a séduit
Une puff CBD est, dans sa forme originelle, un vaporisateur stylo jetable : batterie intégrée, e-liquide au cannabidiol prérempli, aucun réglage à faire. L’utilisateur tire dessus, inhale, et les effets se font sentir en quelques secondes à cinq minutes, ce qui en fait la voie d’absorption la plus rapide pour le CBD. Le cannabidiol, rappelons-le, est un cannabinoïde non psychoactif extrait du Cannabis Sativa L., que des études associent à des effets potentiels sur le stress, l’anxiété ou la qualité du sommeil, sans provoquer de dépendance ni d’état d’ivresse.
Ce format accessible a largement contribué à populariser le CBD en France. Selon des estimations sectorielles, les vapes et puffs CBD représenteraient plus de 30 % des ventes de produits CBD dans un marché qui dépasserait le milliard d’euros en 2025. Des chiffres à prendre comme des ordres de grandeur, issus de professionnels du secteur, mais qui donnent une idée de l’ampleur du phénomène.
Depuis février 2025, les puffs jetables sont interdites
Le changement le plus important : depuis le 26 février 2025, la vente, la fabrication et la distribution de puffs jetables sont officiellement interdites en France. La loi vise deux objectifs distincts : protéger les mineurs, très attirés par ces produits aux arômes fruités et au design coloré, et réduire l’impact environnemental de dispositifs contenant batteries et composants électroniques non recyclables. La France est ainsi le deuxième pays de l’Union européenne à franchir ce pas, après la Belgique.
Cette interdiction ne concerne pas les vapes rechargeables au CBD, qui restent tout à fait légales. Depuis l’entrée en vigueur de la mesure, le marché des pods et vaporisateurs rechargeables s’est d’ailleurs sensiblement développé, avec des offres plus sophistiquées : dosages précis, profils de terpènes élaborés, design soigné. À noter aussi : une taxe minorée sur les produits de vape, prévue en loi de finances 2026, pourrait légèrement freiner la croissance de ce segment, de 5 à 10 % selon les professionnels du secteur.
Autre précision utile : la restriction sur le CBD alimentaire entrée en vigueur le 15 mai 2026 (règlement Novel Food européen) ne touche pas les produits à inhaler. Les e-liquides et vapes CBD ne sont donc pas concernés par cette nouvelle interdiction, contrairement aux huiles à avaler, gélules ou aliments au CBD.
Précautions à garder en tête
Même dans un cadre légal, la vape CBD s’adresse à un public adulte averti : la vente est interdite aux moins de 18 ans, y compris pour les produits sans nicotine. Inhaler régulièrement des substances vaporisées n’est jamais complètement anodin pour les voies respiratoires, et un usage modéré reste la règle de bon sens. Sur la qualité des produits, mieux vaut se tourner vers des références conformes aux normes européennes, avec un taux de THC inférieur à 0,3 %, pour limiter tout risque.























